1ère étape

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Bernard Friot vient de publier un roman« Dix leçons de poésie, d’amour et de vie » aux éditions Milan.
Dans ce roman, des enfants d’un centre aéré rencontrent un écrivain, Simon, passionné de poésie, qui les encouragera à écrire et leur fera apprécier la l’écriture poétique.
Comme dans le roman, voici les deux premiers ateliers proposés par B. Friot. Il n’est pas forcément nécessaire de les réaliser tous les deux, mais ce sont des pistes de travail et des conseils pour mener à bien des séances d’écriture (en classe entière ou en petits groupes) autour de la poésie. Les textes encadrés ainsi que les passages entre guillemets sont des extraits du roman.

Atelier 1

Qu’est-ce que la poésie ?

Première phase :

« Je vous demande de faire une phrase commençant par : « Pour moi, la poésie, c’est… » Et vous continuez par la première chose qui vous vient à l’esprit. C’est plus facile si on ferme les yeux ».

Questions d’élèves : 
Réponses suggérées :
– Qu’est-ce que je dois dire ? – La première chose qui te vient à l’esprit.
– Et, si c’est bête ??? – Pour la poésie, rien n’est bête.

Deuxième phase :

« Je vous propose qu’on le refasse, mais plus vite, cette fois ».

Troisième phase :

« Maintenant, je vais vous demander d’écrire vos définitions de la poésie. Vous voyez les quatre feuilles que j’ai préparées ? J’écris tout en haut : « La poésie, c’est… » A vous de compléter. Je donne à chacun un feutre de couleur différente. Ecrivez une définition sur chacune des feuilles ». Ensuite, l’enseignant ne fait pas de commentaires. Il peut inviter les élèves à choisir les « définitions » qui leur plaisent le plus.

Quatrième phase (facultative) :

Même activité en commençant par « Pour moi, la poésie ce n’est pas… »

Cinquième phase (facultative) :

Proposer aux élèves d’interroger des camarades d’autres classes ou des adultes de leur entourage en leur demandant de compléter la phrase : « Pour moi, la poésie c’est… » Faire une anthologie des réponses préférées.

Atelier2

Faisons deux catégories : les adjectifs sympathique et les adjectifs antipathiques (Gianni Rodari)

Préparer des cartons sur lesquels sont écrits des adjectifs du type : heureux/heureuse, content/e, étourdi/e, ambitieux/se, étrange, impatient/e, curieux/e, solitaire, colérique, doux/douce, étonné/e, dégourdi/e, maladroit/e, etc

Première phase :

«  J’ai écrit des mots sur ces cartons. Des mots qui servent à dire comment est quelqu’un ou quelque chose. Je donne un exemple : Impatient/impatiente.

Ça vous est déjà arrivé d’être impatients ? Dans quelle situation ? »
L’enseignant prend un autre carton : Etrange.
« Qu’est-ce qui peut être étrange selon vous ? »

Deuxième phase :

« Je vais étaler les cartons par terre. Et vous allez choisir un adjectif qui vous caractérise ».
« Maintenant chacun lit ce qu’il a choisi en commençant par « Je suis ». Tenez,pour moi, c’est : « Je suis (étonné) ». Parce que j’aime ce mot,et j’aime être étonné. »

Troisième phase :

«  On va continuer à jouer avec les adjectifs. Je vous lis un poème de Louis Calaferte. Ecoutez.

Une pierre jaune.
Une pierre grise.
Une pierre blanche.
Une pierre veinée.
Une pierre marbrée.
Une pierre plate.
Une pierre bossue.
Une pierre creuse.
Une pierre carrée.
Une pierre écaillée.
Une pierre rousse.
Une pierre noire.
Une pierre anguleuse.
Une pierre massive.
Une pierre mal alignée.
Une pierre rouillée.
Une pierre maigre.
Une pierre triste.
Ainsi chaque jour face au mur.

Louis Calaferte, Le Monologue, Gallimard

Ne rien demander après la lecture. Attendre des réactions des élèves. Et dialoguer avec eux.

Réactions d’élèves imaginées :Réponses suggérées : 
– « Une pierre triste », c’est possible ?– Qu’est-ce que vous en pensez ?
– Non, une pierre, ça ne sent rien. Mais…– Mais quoi ?

Quatrième phase : (matériel : feuilles blanches,format 21×27).

« Voici ce que je vous propose. Je vous donne deux noms, vous en choisissez un : MAIN ou PORTE. Je répète : MAIN ou PORTE ».
« Vous pliez la feuille en deux. On n’écrira que sur une moitié, ça fera moins de travail… »
« Vous prenez le mot que vous avez choisi et vous lui ajoutez un adjectif. « Une porte bleue », par exemple. Et vous continuez : « Une porte idiote », et cetera ».
« Vous avez sept minutes seulement. Essayez tous les adjectifs que vous connaissez ».
« Vous verrez, ça marche toujours ».

Après les sept minutes, demander :
« Qui a choisi le nom « porte » ? »
«  Alors, on va commencer par « main ».
– Les élèves se lèvent et se placent en ligne.
– Chacun leur tour, ils lisent une ligne de leur texte. Et quand il ne reste plus rien sur leur liste, ils s’assoient.

Conseils : « Vous lisez ce que vous avez écrit, dans l’ordre, sans rien changer. S’il y a des répétitions, tant mieux, ça créera le rythme ».

A la fin de la lecture, recevoir les réactions, remarques, critiques des élèves. Ne pas commenter, mais questionner, encourager à préciser :

Questions suggérées :      
Réponses imaginées :
– « Est-ce qu’il y a des phrases, des associations nom/adjectif qui vous ont plu particulièrement ? » – « Une main rapide », ça m’a plu.
– Pourquoi ? C’est quoi une « main rapide » pour toi ?– Moi, je vois une main qui donne une claque sur une joue. Paf ! C’est rapide.
– J’aime bien ce que tu viens de dire, Kèv. Tu as dit « Moi, je vois… » Si les mots produisent une image dans ta tête, alors, c’est bon. C’est peut-être là que commence la poésie.

Passer à l’autre groupe, le groupe « porte ».
Autre façon de procéder :
Les élèves se placent comme s’ils allaient jouer aux cartes.
Chaque fois qu’ils lisent une phrase, ils tapent au sol avec la main.
Quand ils n’ont plus rien à lire, ils croisent les bras.
Le reste de la classe peut se mettre debout pour regarder les joueurs.

Sur le site, nous attendons d’ici au 30 novembre la publication de l’une ou l’autre de vos trouvailles : une anthologie de vos réponses préférées à la question : Pour moi, la poésie c’est…ou des poèmes à l’image de celui de Calaferte…

Une réflexion au sujet de « 1ère étape »

  1. Pour moi la poésie c’est…

    … quelque chose qui exprime des sentiments
    … quelque chose qui vit
    … quelque chose d’appliqué
    … quelque chose de gentil et d’important
    … quelque chose de passionnant
    … quelque chose de beau
    … quelque chose à réciter par coeur
    C’est presque comme une chanson avec de la magie et de l’amour !

    Classe de 5-6P de Ferdinand-Hodler (D. Marx et S. La Banca)

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