1ère étape

 

Bonjour à toutes et à tous,

Je m’appelle Didier Dufresne et je suis auteur jeunesse. J’habite une jolie région française appelée Bourgogne. Si vous voulez en savoir un peu plus sur mes livres et mes passions, vous pouvez aller faire un tour sur mon blog : didierdufresne.hautetfort.com. En attendant, je vous mets une photo…

Dans le cadre des ateliers d’écriture de la Bataille des Livres, je vous propose de vous lancer dans l’écriture de « NOUVELLES ». Ce sont des récits courts mais efficaces, dont le dénouement (la fin…) apporte souvent une surprise que l’on appelle parfois « la chute » (Nous ferons attention de ne pas tomber quand même !).

Lors de nos 5 rendez-vous d’activités, je vous propose d’écrire 5 courtes nouvelles différentes, en essayant à chaque fois de faire varier le ton (mystère, suspense, poésie, humour…), le temps (autrefois, maintenant, dans le futur…) et la technique d’écriture.

Mais comme je suis très occupé, c’est mon vieil ami Onésime Courbouillon qui s’occupera de vous. C’est un personnage peu aimable, vous verrez ! Pourtant au fil des jours, vous apprendrez à le connaître un peu mieux. Peut-être finirez-vous même par le trouver sympathique !
Si vous acceptez la mission et que vous avez des ennuis, ou si Onésime vous fait trop de misères, vous pouvez m’appeler au secours ou demander à la maîtresse ou au maître de le faire. J’essaierai de vous aider.
Voilà, je vous laisse vous débrouiller avec Onésime…

Amitiés et bon courage.
Didier

Première nouvelle !

Didier a dû vous le dire, je m’appelle Onésime Courbouillon. Le premier que ça fait rigoler et qui se moque de mon nom, j’en fais des confetti ! Ah oui ! Bonjour, au fait… Je préfère vous le dire tout de suite, je suis quelqu’un de plutôt détestable. Oh ! Je n’ai pas toujours été comme ça, non ! J’étais autrefois un écrivain heureux et souriant, j’avais des tas d’idées pour écrire de bonnes histoires. Je publiais beaucoup de livres, mes lecteurs étaient nombreux, j’avais du succès, on m’invitait à la télé, à la radio et dans des salons. Je voyageais dans le monde entier. Je gagnais à l’époque très bien ma vie et j’ai pu acheter ce majestueux manoir dans lequel je vis aujourd’hui.

Seulement voilà ! Je suis un jour tombé en panne… En panne d’idées ! J’ai d’abord cru à un malaise passager, que mon imagination allait rapidement se remettre en marche. Foutaises ! J’avais beau me creuser la tête, je n’arrivais plus à écrire une ligne !
Le temps a passé. Mes premiers livres ont peu à peu disparu des vitrines des libraires. Je n’en ai plus publié d’autres. On ne m’a plus invité dans les salons, plus d’émissions de télé ou de radio. Je me suis retrouvé tout seul à détester le monde entier dans mon manoir isolé.

Aujourd’hui, les herbes folles envahissent les jardins du manoir. Quelques ardoises commencent à glisser sur le toit et il pleut dans le grenier. C’est à peine si j’ouvre les volets de la grande salle et je passe mes journées à tourner en rond en grommelant. Je ne réponds plus au téléphone, je ne sors plus et je ne vois plus personne. Je me fais livrer par l’épicier du village. Il dépose chaque semaine des provisions devant ma porte et je ne sais pas jusqu’à quand je pourrai le payer… Car bien sûr j’ai dépensé presque toutes mes économies et vendu la plupart de mes objets de valeur.

Vous comprenez maintenant pourquoi je suis toujours de mauvaise humeur ! Mais tout va peut-être changer : j’ai reçu une lettre il y a quelques jours. La première depuis une éternité ! Le timbre portait la marque « Helvetia ». Je ne connais personne en Suisse et j’ai cru tout d’abord à une erreur. Mais comme mon nom et mon adresse figuraient sur l’enveloppe, j’ai ouvert. On me proposait de faire des ateliers d’écriture avec des enfants, de travailler avec des classes…

Des enfants ! Depuis que j’ai quitté l’école, il y a plus de quarante ans, je crois bien que je n’en ai pas vu un de près ! Enfin, en vrai, je veux dire… Les enfants, ça pleurniche pour un rien, ça réclame toujours quelque chose, ça casse tout, c’est incapable de manger proprement et ça met ses doigts dans son nez ! Non… Pas question de perdre mon temps avec une bande de vilains gosses ! J’allais froisser cette lettre et la jeter dans la cheminée quand soudain, j’en ai eu une ! Oui une… Une idée !!!
Alors, pour la première fois depuis des années, j’ai pris mon stylo et j’ai écrit. J’ai répondu à cette lettre en disant : « J’accepte votre proposition. »
Hahaha ! Ce n’est pas tous les jours qu’on a à sa disposition des centaines de petites têtes pleines d’idées qui ne demandent qu’à travailler ! Hahaha ! Quelle bonne idée ! Hahaha !

Donc puisque vous êtes-là, c’est que vous avez accepté la mission ! C’est donc moi, Onésime Courbouillon (le premier qui rigole j’en fait de la marmelade !) qui commande ici ! Maintenant qu’avec votre maîtresse ou votre maître vous avez dit oui, vous ne pouvez plus vous défiler. Vous allez travailler pour moi ! Hahaha !

Vous connaissez le problème : je n’ai plus d’idées. Et vous les petites malines et les petits malins, il paraît que vous en avez plein. Il va falloir partager avec moi ! Pour commencer, vous allez me montrer ce dont vous êtes capables. Je ne vais tout de même pas m’embarquer dans cette aventure avec une bande de gamins sans cervelle !

Comme je n’ai plus d’inspiration, vous le savez, je suis monté hier dans le grenier du manoir et j’ai fouillé dans tous mes papiers. J’ai retrouvé un vieux texte que j’ai écrit il y a des années. J’avais encore des idées, à l’époque. Mais les souris ont mangé presque toutes les pages ! Elle n’ont laissé que le début de cette histoire et ont même grignoté la page où figurait le titre !

J’ai eu beau relire ce début une dizaine de fois, impossible de me souvenir de la suite ! Alors, en vous mettant à plusieurs, vous devriez bien y arriver !
Allez hop ! On se dépêche ! Vous avez jusqu’au 24 novembre pour m’envoyer votre texte. Trouvez des idées, sautez sur vos stylos et écrivez-la moi, cette fin, bon sang ! Et qu’ça saute !

Post Scriptum : Ah oui… Heu… Au fait… Si vous avez une photo de votre classe et si vous écrivez un petit mot pour me dire qui vous êtes et où se trouve votre école, envoyez-les moi. Si j’ai le temps, j’y jetterai un coup d’œil.
Mais je ne vous promets rien, hein ! Moi, je vous mets un dessin de moi quand j’étais jeune. J’étais assez beau, je crois !

Ce qui reste du texte grignoté par les souris :

La seule distraction de Gertrude, sorcière à la retraite, était de regarder passer la camionnette jaune du facteur. Hélas, jamais elle ne s’arrêtait… Les toiles d’araignées avaient envahi la boîte aux lettres. Un jolie boîte pourtant, en forme de crâne. Mais ce jour d’octobre, il se passa quelque chose dans la vie trop tranquille de Gertrude. Alors qu’elle rêvait qu’elle transformait un prince charmant en hibou, un cri aigu la réveilla.
– Ouitch !
Le facteur venait de déposer une lettre dans la boîte. Les mâchoires de la boîte-crâne lui avaient fortement pincé les doigts.
– Vieille folle ! criait-il maintenant en secouant sa main douloureuse.
Puis il haussa les épaules et s’éloigna en grommelant. La camionnette jaune démarra, laissant Gertrude seule et presque inquiète. Qui pouvait bien lui écrire ?
– Bah ! dit-elle. Le mieux est encore d’ouvrir la lettre !
Elle prit donc avec précaution l’enveloppe timbrée que la boîte serrait toujours entre ses dents…

A vous de jouer !

 

Onésime Courbouillon attend que vous écriviez à sa place la fin de sa nouvelle pour le 24 novembre au plus tard ! N’oubliez pas son titre, sans quoi, il risque de voir rouge !

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